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A 14 heures, le bombardement reprend comme les jours pré­cédents. Quelques sifflements isolés se perçoivent d'abord puis, rapidement, les obus arrivent aujourd'hui, par rafales de quatre.

Le personnel de l'hôtel de ville, qui vient de rentrer dans les bureaux, en sort pour se diriger vers les sous-sols ou se répandre dans les couloirs. Ceux-ci sont vraiment trop bruyants ; je préfère rester à la "comptabilité", d'où j'entendrai au moins les sifflements, tout en profitant de cette interruption forcée pour fumer quelques cigarettes. Ce bombardement assez violent, dure une heure envi­ron.

A 15 h 1/4, chacun a regagné sa place et repris ses occupa­tions.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Samedi 21 - Nuit tranquille ; matinée item. 2 h. grosse bombe sifflante ; très violent bombardement sur la ville, bombes très lourdes, gros calibre. (Théâtre, Palais de Justice, maison Luzzani rue de Vesle (où avait couché Napoléon I), dit M. Compant. Visite de M. Claudin, du P. Lazariste de Roure (supérieur). On dit aux Petites Sœurs des Pauvres, à l’Hôtel de Ville, qu’il y a 15 victimes. Une derrière la maison de M. Compant (faux) 3 Maison Luzzani.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 21 Août 1915.

Sur Le petit Parisien nous avons fait mettre nous deux Charlotte ton nom et celui de Paul avec toutes les explications que nous avons pu donner. Si seulement cela réussissait ! Depuis si longtemps, quand tous mes souvenirs me repassent par la tête, quelle souffrance j’endure. Et ce que je regrette le plus, vois-tu, c’est notre petit nid de la rue de Nogent. Qu’on y était bien ! Redeviendrons nous aussi heureux ? Reviendras-tu mon Charles ?

J’ai reçu la nouvelle que M. Commeaux est mort à Épernay. Encore un de moins. Mais sais-tu mon Charles, j’appréhende maintenant de rentrer chez moi. Mon commerce ne marchant plus, ils ne vont peut-être pas me le rendre. J’aime mieux ne pas y penser. Je ne sens plus ma pauvre tête. Je ne suis heureuse que quand je dors. Dormir toujours, que ce serait bon…

Je t’aime toujours mon Charles.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu'elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu'au 6 mai 1917 (avec une interruption d'un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne

Collection Gallica-BNF
Collection Gallica-BNF

Collection Gallica-BNF

Samedi 21 août

Bombardement réciproque à Bailly, sur les bords de l'Oise, au plateau Quennevieres; en Champagne, à Perthes-Beauséjour; entre Argonne et Meuse (région de Béthincourt-Haucourt).
En Artois, après une violente action d'artillerie et trois nouvelles contre-attaques, l'ennemi a réussi à reprendre pied dans les tranchées que nous lui avions enlevées sur le chemin d'Ablain à Angres. Il a subi des pertes sensibles.
Lutte de mines dans l'Argonne, à Vienne-le-Château; coups de pétards et de grenades dans le secteur de Saint-Hubert et de Marie-Thérèse.
Les pertes allemandes ont été très importantes au Lingekopf et au Schratzmaennele, en Alsace. On a trouvé un grand nombre de cadavres ennemis dans les 250 mètres de tranchées que nous avons conquis.
Aux Dardanelles, combats de patrouilles et lutte d'artillerie dans la zone sud. Dans la zone nord, l'aile gauche anglaise a réalisé des progrès dans la plaine d'Anasarta.
Les Allemands annoncent qu'ils ont pris Novo-Georgiewsk, où ils auraient capturé du matériel.
Un sous-marin avait torpillé, le 19, le steamer anglais Arabic. On apprend que six passagers, dont trois Américains et trente-huit marins ont péri. Cet acte de banditisme surexcite à nouveau les colères américaines.
M. de Bethmann-Hollweg a prononcé, au Reichstag, un discours où il essaie de justifier sa poli
tique.

Source : La guerre au jour le jour

Tag(s) : #Paul Hess, #Cardinal Luçon, #1915, #Juliette Breyer
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