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Nuit tranquille, sauf vers 9 h 1/2, une grosse détonation qu'on prétend être française. Journée tranquille ; visite de M. le Curé de Perthes qui me raconte les cruautés des Allemands dans sa paroisse.

Visite à l'ambulance russe (1) ; thé, photographies.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 24 Juin 1915.

Aujourd’hui sur Le petit Parisien on reparle du jeune homme du 44e. C’est un dénommé Joseph Bernard. Ses parents habitent rue du faubourg Saint-Cosne à Chalon-sur-Saône. Ils expliquent que s’ils ont eu des nouvelles de leur fils, c’est par hasard. Ils lui avaient envoyé une lettre à son nom et adressée au bureau de poste N°24 à Berlin. C’est de là qu’ils ont eu des nouvelles. Il leur dit qu’il est en bonne santé mais il réclame des aliments. J’ai écrit à Berlin et aux parents du jeune homme. Si seulement j’avais des nouvelles, que je serais heureuse de t’envoyer des petites friandises.

Ton coco fait sa bourse. Il garde ses petits sous pour acheter du chocolat à son papa Charles. Il te réclame toujours. Je lui ai dit que les boches t’avaient enfermé dans une maison et que tu ne pouvais sortir. « J’irai ouvrir la porte, me dit-il ; mon papa Charles pleure ; il s’ennuie après son coco ». Il comprend déjà bien.

Mais que c’est long ! Jusqu’ici ils avançaient vite dans le Nord , mais voilà les opérations qui retardent encore une fois. Pourtant Mme de Thèbes prédit la fin de la guerre pour le 6 Octobre et j’ai du mal à croire qu’elle sera terminée. J’aurais plus de patience si je te savais vivant.

Je te quitte mon bon tit Lou. J’espère toujours...

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu'elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu'au 6 mai 1917 (avec une interruption d'un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne

le 24 il vient avec S/lieut. et le 49 nous avons fait le salon

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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près de la place de la République

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Tag(s) : #Cardinal Luçon, #Juliette Breyer, #Renée Muller
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