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Dans Le Courrier de la Champagne, on lit aujourd’hui cet article :

Reims-la-morte

On peut certes, appliquer à notre pauvre ville, cette qualification réservée jusqu’ici à Bruges, aux béguinages discrets se mirant sur les canaux silencieux.

Le promeneur solitaire qui, le soir au coucher de soleil, erre sur nos promenades ou boulevards déserts est frappé du grand calme qui plane sur la cité. Le moindre bruit se répercute avec une intensité étonnante ; on perçoit nettement les coups de fusil isolés qui se tirent sur le front à quelques kilomètres de là, dominés parfois par le coup de départ d’un canon, immédiatement suivi du sifflement strident de l’obus qui vient éclater avec fracas sur nos demeures et éveille, pour un instant les échos assoupis.

Quelle différence avec l’animation de ces quartiers les années précédentes à la même époque ! Baraques foraines, tirs et chevaux de bois, dressés sur nos places et boulevards, faisaient retentir les environs du bruit de leurs parades et de leurs musiques assourdissantes, attirant la foule toujours renouvelée, cependant que la foire à la porcelaine étalait, sans danger, dans les promenades, ses fragiles produits pour le plus grand profit des ménagères.

Dans les usines, toutes éventrées par les obus, les feux sont éteints et les métiers, au claquement bruyant, ne battent plus. Fabricants et négociants, lassés d’une situation qui se prolonge, ont fait enlever leurs marchandises et tenté », de dehors de Reims, d’entretenir des relations commerciales auxquelles une si longue interruption pourrait porter un coup fatal.

La foule est partie, disséminée dans toute la France ; les maisons sont désertes, les volets clos. La vie semble avoir abandonné ces quartiers de la ville mais le cœur est intact et, vienne la délivrance, avec le concours d’une municipalité en majeure partie demeurée à son poste, les habitants accourront bien vite vers leurs logis et rendront à notre cité son ancienne splendeur.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Lundi 5 – Nuit tranquille ; canonnade violente pendant la journée de notre côté du moins.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Et pendant ce temps là :

Pierre LAGRANGE (1893-1955)

Pierre LAGRANGE (1893-1955)

Tag(s) : #Cardinal Luçon, #1915
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