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Lundi 19 – Nuit tranquille, sauf fortes bombes entre 11 h et minuit.

Matin : à 5 h ½, aéroplane, mitraillades continues.

Visite à S. J. B. de la Salle avec M. le Curé et M. Dardennes. Bombes au commencement de la visite. Nous étions tout près et en vue des tranchées allemandes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 19 Avril 1915.

Mon tit Lou, aujourd’hui je suis allée voir tes parents à Sainte Anne avec notre Blanchette. Tu vois mon Charles, je fais ce que je peux pour leur faire plaisir. J’y suis allée par un bombardement violent. La poste et la rue Céres ont eu leur part. Et toujours des bombes incendiaires, mais maintenant cela fait moins de dégâts. On a fait venir quelques pompiers de Paris.

Pour revenir à tes parents, ils étaient contents et ta maman aurait voulu que je couche chez eux, mais je ne suis pas assez hardie et puis en ce moment quand il faut être à charge des autres, ça ne me va pas. A 5 heures je suis donc revenue en passant chez Syren chercher ma petite lampe à alcool. Si tu voyais les dégâts … Et c’est partout comme cela à Reims. Je dois même aller rue de Beine voir si notre maison est toujours là car il y en a une tombée chez Mme Desjardins. Ton parrain a été un moment travailler dans le bureau du marquis et maintenant son bureau est dans les tunnels. Encore bon car aujourd’hui il en est arrivé une et le bureau du marquis a été réduit en miettes.

Ton papa voudrait encore que je sorte André. C’est bizarre : ils ont peur pour eux et ils disent qu’il n’y a pas de danger pour André. Ton parrain me conseille de ne pas le sortir.

Bons bécots. Je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu'elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu'au 6 mai 1917 (avec une interruption d'un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne

Le quartier Sainte-Anne et la poste de la rue Cérès
Le quartier Sainte-Anne et la poste de la rue Cérès

Le quartier Sainte-Anne et la poste de la rue Cérès

Tag(s) : #Cardinal Luçon, #Juliette Breyer, #1915
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