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Nuit calme. Bombardement dans la journée.

- A propos de la nouvelle aussi (dont a fait mention Le Courrier du 27 courant) annoncée malgré la censure, de l’avance d’un train jusqu’au Châtelet, ce qui, naturellement, ne pouvait que laisser supposer aux Rémois du dehors la délivrance de notre ville, le même journal insère ceci, aujourd’hui :

« Tu dors, censure et Reims est dans les fers »

Nous recevons la lettre suivante :

Monsieur le rédacteur,

Le titre ci-dessus convient parfaitement aux quelques mots que je tiendrais à voir publier dans vos colonnes, au sujet du formidable lapsus de la censure parisienne que vous dénonciez avant-hier – mais pas assez sévèrement à mon gré.

Vous avez bien fait ressortir les très pénibles conséquences de cette bourde grossière, principalement le retour en masse des émigrés rémois, obligés ensuite de faire douloureusement demi-tour à Pargny ou à Germaine.

Mais, ce que vous avez omis, c’est de réclamer une sanction – car il s’agit d’une faute lourde et vraiment inexcusable. Moi, qui ne suis ni censeur, ni Meusien, je verrais bien, par exemple, qu’on fait un une gaffe monumentale en racontant que les trains français de la ligne de Lérouville à Sedan vont maintenant jusqu’à Stenay – sachent que les Allemands sont retranchés en arrière de Consenvoye et de Forges, bien en deçà de Stenay.

Et bien ! il en est de même du raid fantastique d’un train imaginaire jusqu’au Châtelet.

Pour que des censeurs, pour que des militaires laissent imprimer cette énormité que nos trains vont jusqu’au Châtelet, il faut, de deux choses l’une : ou qu’ils soient d’une incapacité inimaginable, ou qu’ils se désintéressent totalement de la haute mission qui leur a été confiée.

…Censuré…

Et s’il est vrai, comme le déclarait dernièrement le général Humbel dans La Libre Parole, que la censure militaire, à Paris, est « exercée par des pseudo-militaires à qui la frontière ne dit rien », il n’y aurait qu’à les faire permuter avec des officiers du front ; ainsi, ils apprendraient peut-être où se trouve la ligne de feu…

Un nouveau mais très dévoué lecteur du Courrier.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Mercredi 30 – Nuit tranquille. Visite aux Trois-Fontaines : Porté des colis d’effets aux Soldats.

Visite au Fourneau Économique, 260 avenue de Paris

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims
Avenue de Paris - CPA : collection Pierre Fréville

Avenue de Paris - CPA : collection Pierre Fréville

30 Mercredi – Temps assez calme, les grosses pièces reprennent vers midi, à 5 h du soir, le calme est rétablie. Nuit relativement calme.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy

Tag(s) : #Paul Hess, #Cardinal Luçon, #Eugène Chausson, #témoignages, #1914
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