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Coups de canons, pas de bombes sur la ville. Visite à l'Orphelinat des Trois Fontaines.

9 à 10 h soir, violente canonnade avec grosses pièces.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Et c’est le lendemain que rassemblant tout mon courage et après avoir invoqué l’inspiration d’En-Haut, j’écris les pages qui apprendront à mes pauvres gens de Limoges toute l’étendue de leur infortune.

Il paraît que les bombes sifflaient alors, mais je ne les entends pas tellement l’angoisse m’étreint en songeant à ce qu’il faut dire et aux termes à trouver, et je me demande s’il est vraiment possible qu’un tel calvaire soit imposé à un père d’être près de sa fille le messager d’une si terrible nouvelle !

Et pourtant, une plume court fébrilement et j’arrive à poser le point final, tout meurtri tout haletant de la consternation que je vais causer.

Qu’elle parte maintenant, cette lettre de mort, et que Dieu assiste ceux qu’elle va toucher !

Paul Dupuy. Document familial issu de la famille Dupuis-Pérardel-Lescaillon. Marie-Thérèse Pérardel, femme d'André Pérardel, est la fille de Paul Dupuis. Ce témoignage concerne la période  du 1er septembre au 21 novembre 1914.

Source : site de la Ville de Reims, archives municipales et communautaires

Samedi 10 Octobre 1914.

Cette fois-ci j’en ai une datée du 21 septembre où tu me dis que notre coco a 17 mois. Pauvre tite crotte. Oh oui, nous le gâterons !

Mais cette fois-ci , mon tit Lou, il faut que je te le dise. Je suis sûre maintenant que nous aurons un deuxième petit cadet. Que veux-tu, j’en prends mon parti, du moment que tu me sois revenu pour ce moment là. Ce serait trop triste autrement mais d’ici fin janvier il y aura du nouveau. Et tu sais, que ce soit un coco aussi gentil qu’André, car si tu le voyais, tu en serais fou. Il a un cœur d’ange, il est amitieux et il est beau.

Plus il grandit et plus c’est toi. Il ne voit pas le danger et grimpe partout sur la table ; rien ne l’arrête. Et sais-tu ce qu’il fait ? Les tonneliers travaillent chez Pommery et quand ils ont le dos tourné, il va leur souffler toutes leurs bougies. Il ne faut pas demander qui c’est, disent-ils, c’est le petit gamin à Charles Breyer. Et tu sais, tout le monde me demande de tes nouvelles. On t’estime.

Je te quitte. A bientôt.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu'elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu'au 6 mai 1917 (avec une interruption d'un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne

Tag(s) : #Cardinal Luçon, #1914, #Paul Dupuy, #Juliette Breyer
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