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On croirait que la guerre est finie à Reims. De toute la journée on entend plus le canon sauf la batterie au Port-sec qui tire sur Bétheny. Nous allons visiter les ruines de la ville.

Place Royale on décharge des cercueils qu’on transporte par dessus les barrages dans la rue de l’Université ou les cadavres sont restés dans les décombres.

Sur plusieurs endroits de la ville des personnes tuées restent là sur place car on à même plus le temps de les enterrer. On croit que les allemands sont repoussés lorsqu’ à neuf heures ¼ du soir trois obus tombent encore Place Royale. Désillusion les allemands sont encore là !

Gaston Dorigny

Le bombardement continue une grande partie de la journée.

- Remis à M. Hebar, administrateur du mont-de-piété, le rapport relatant les faits de ma gestion provisoire à l'établissement - charge exceptionnellement difficile, reçue brusquement le 31 août, au départ du directeur et arrêtée avec la destruction complète du mont-de-piété, le 19 septembre.

- Passé aujourd'hui dans les ruines du quartier détruit. Les vibrations produites par les coups de canon de nos batteries, installées au champ de Grève, font à tout moment tomber des pans de murs. A différents endroits, le feu continue toujours ses ravages.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918

Rentré à Reims, à 9h du matin. Journée calme, dont on est étonné, étant accoutumé au bruit continu du canon. Le soir, après souper violente canonnade, avec bombardements.Nous écoutons par la fenêtre, au petit salon en lisant les nouvelles.

Il y avait avec moi à la maison m. Camus, Vicaire Général, qui couchait et prenait ses repas chez nous ; item M. Compant qui était venu au Conclave, avec moi, et qui au retour trouva sa maison incendiées avec tout ce qu'elle contenait : son mobilier, son vestiaire, sa bibliothèque, ses notes et celles concernant le Cardinal Langénieux.

Nous nous levons à 9h 1/2 ou 10 h. pour descendre à la cave où nous restons environ 1 h à cause du bombardement. Comme on croit que tout est fini, nous remontons : mais la canonnade recommence violente jusqu'à minuit

Cardinal Luçon dans Journal de la guerre 1914-1918, Travaux de l'Académie nationale de Reims
Tag(s) : #Paul Hess, #Famille Dorigny, #Cardinal Luçon, #1914, #témoignages
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